PERRIER, la folie en petites bulles.

Publié le par Elfe

Logo-Perrier.gifAprès les fêtes, vient le temps de purger son organisme. D’arrêter les excès de table et de passer à l’eau, éventuellement faire un régime pour les plus courageux. Une eau pétillante et rafraîchissante, celle que l’on nomme le champagne des eaux : PERRIER.

Mais d’où vient cette fameuse eau qui apporte sa fraîcheur dans nos corps repus de ces abus.

Pas besoin d’aller à l’autre bout du monde pour cela, il faut juste se rendre en Languedoc Roussillon dans le Gard. La petite ville de Vergèze, à 15 minutes de Nîmes, abrite depuis des siècles la source de Perrier.

Eh oui, l’eau Perrier est naturellement gazeuse, elle provient d’une source et espérons qu’elle soit intarissable.

 

Le Perrier c’est un mélange depuis plusieurs millions d’années entre l’eau et les gaz souterrain. L’eau de pluie, en s’infiltrant à travers la roche calcaire des plateaux Gardois rencontre le gaz qui remonte vers la surface du sol. En arrivant à l’air libre, l’eau libère le gaz et donne un aspect bouillonnant à la source.

 

Les premières traces de la source remontent bien avant l’ère chrétienne. Certains disent qu’en 218 avant J.C., Hannibal se serait arrêté aux abords de la source avec son armée alors qu’il était en route pour conquérir Rome.

Puis vers 58 avant J.C. se fut César, proconsul de la Gaule, qui mit en avant la source auprès des Romains installés dans la région.

Sur ces événements je reste un peu perplexe, car si Hannibal à cheminé dans le coin il n’y a pas de preuves avérées de son arrêt auprès de la source. Concernant César, il est bien passé dans la région mais ne s’est jamais arrêté à Nîmes, du moins aucun texte n’en fait mention. Je pense qu’il s’agit plutôt son successeur, l’Empereur Auguste, qui a porté un certain attachement à Nîmes et sa région ainsi qu’à sa population, les Volques Arécomiques. Puisque c’est Auguste qui fit don de terrains aux légionnaires qui avaient combattu à ses côtés en Egypte contre Cléopâtre et Marc-Antoine.

Toutefois, les Romains prirent conscience de l’importance de la source et de ces bienfaits, puisqu’ils firent des aménagements autour de cette dernière dans une recherche thermale.

 

Le temps passe, ainsi que les hommes, les guerres, les révoltes, mais la source demeure et fini par prendre le nom de «Bouillens» car le mélange (eau et gaz) donne une impression de bouillonnement permanent.

 

En 1769 la source et ses alentours deviennent la propriété de la famille Granier. Mais ce n’est qu’en 1841 qu’Alphonse Granier commence l’exploitation de la source des « Bouillens ». Ce dernier va se battre pour faire reconnaître l’eau comme Eau Minérale Naturelle. Alphonse parvient à ses fins en 1863 avec un décret signé par Napoléon III. Dès lors, la source va voir arriver de nombreux curistes pour bénéficier des vertus de cette eau et profiter de centre thermal.

 

Malheureusement pour Alphonse Granier, un incendie détruit toutes les installations autour du site de la source en 1869. Compte tenu des pertes financières, monsieur Granier ne peux éviter la faillite de sa société et l’activité thermale est stoppée. Le site ferme définitivement ses portes en 1884.

 

En 1888, Louis Rouvière, un négociant de Vergèze (Gard), devient le nouveau propriétaire du domaine des « Bouillens ». Mais ce dernier est peu enclin à exploiter la source et il accorde un bail d’exploitation assorti d’une promesse de vente à un médecin Nîmois : Le Docteur Louis Perrier ( ?-1912).

 

Le docteur Louis Perrier n’est pas un médecin comme les autres. Ce fils d’exploitants agricoles est devenu médecin en 1865 et est élu conseiller général en 1870. En plus de ces deux activités, il publie divers articles sur les bienfaits thermaux et dépose de nombreux brevets sur le sujet.

Donc en 1898, il devient à son tour le propriétaire de la source et de l’établissement thermal. Le docteur Perrier va développer sa société d’eau minérale en vendant cette boisson gazeuse et des produits de soins hygiéniques liés à l’eau. Envisageant l’énorme potentiel de la source, il y consacre tout son temps. Il améliore le conditionnement et élabore une bouteille en verre avec un bouchage hermétique afin de préserver le gaz.

Mais la source à raison de ses économies et le docteur Perrier commence à rencontrer de graves difficultés financières. De plus, les ventes ne décollent pas car les Français de l’époque ne sont pas forcement amateur d’eau.

 

En 1902, le docteur Perrier fait la connaissance d’un Anglais venu perfectionner son français en Camargue, du côté du Grau du Roi (Gard). Cet Anglais est Sir St John Harmsworth (1876-1933), frère des fondateurs du Daily Mail et Daily Telegraph de Londres.

Les deux hommes se lient d’amitié et le docteur Perrier fait découvrir à Sir St John Harmsworth la région ainsi que sa magnifique source.

St John se passionne pour la source et possède ce qui manque au pauvre docteur : l’argent.

 

A contre cœur, le docteur accorde un bail d’exploitation à St John en 1903 pour enfin lui céder la propriété un peu plus tard.

Harmsworth est Anglais et Gentleman, il baptise la source du nom du docteur. Désormais la source et l’eau qui est produite s’appelle PERRIER. Jusqu’à sa mort en 1912, le Docteur Louis Perrier contribuera au développement de la source et à sa mise en valeur.

 

Sir Harmsworth ne croit pas vraiment au devenir des établissements thermaux, il préfère se concentrer sur la production et la vente de l’eau. Pour cela il faut que son eau Perrier soit un produit unique et reconnaissable par tous. Il possède le produit : une eau naturellement gazeuse. Il possède le nom : PERRIER. Pour le contenant, St John s’inspire des massues qu’il utilise pour sa musculation (voila qui explique la forme particulière des bouteilles de Perrier).

Pour la stratégie, il décide de s’attaquer aux colonies des Indes plutôt qu’à l’Empire immédiatement. Il part du postulat que s’il arrive à conquérir toutes les colonies anglaises, il lui sera plus facile de percer le marché sur l’île de sa Majesté. C’est un pari audacieux, mais l’idée fonctionne à merveille puisque Perrier arrive finalement sur les tables de Buckingham et reçoit le titre de ‘Fournisseur Breveté de sa Majesté le Roi d’Angleterre ». Harmsworth va désormais désaltérer tous les sujets de l’Empire Britannique avec son eau Perrier.

 

Dès lors, la société va connaître une incroyable expansion. En 1908, il faut même relier l’usine à une voie de chemin de fer pour exporter ses 5 millions de bouteilles par an. Ayant conquis l’Angleterre, Sir Harmsworth décide de s’attaquer au marché français. Il réussi là où le docteur avait rencontré des difficultés. En 1933, la source Perrier produit 19 millions de bouteilles par an.

 

Sir St John Harmsworth décède en 1933 laissant la source à ses héritiers. Une nouvelle ère s’ouvre alors pour la société.


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             Gustave Leven


Avec la seconde guerre mondiale, l’usine tourne au ralenti et accuse des pertes financières que les actionnaires ne souhaitent pas assumer. De plus les installations sont vieillissantes et la source Perrier n’a pas l’argent nécessaire pour entamer les rénovations. En 1947, les actionnaires jugent que la source n’a aucun avenir et décident de vendre le site.

Mais aucun repreneur n’est intéressé, aucun sauf un jeune agent de change parisien qui entend parler de l’affaire. Ce dernier se rend sur place, malgré l’état de délabrement avancé du site et une main d’œuvre qui travail comme au début du siècle, il tombe sous le charme de la source.

Ce jeune homme du nom de Gustave Leven (1914-2008) est toutefois stupéfait de constater que cette eau minérale continue de se vendre à un prix largement supérieur à celui d’une bouteille de vin. Il décide donc d’acheter la source Perrier.

 

Sa première mission est de moderniser le site et de faire entrer l’usine dans l’ère industrielle. Son idée est de maitriser la production de A à Z. De la fabrication de la bouteille à la vente du produit fini.

Mais il faut aussi relancer l’image de Perrier, pour cela Gustave Leven va faire appel à son ami Jean Davray pour promouvoir cette eau minérale. Dès lors commence une véritable saga publicitaire qui se poursuit de nos jours.

 

Gustave Leven ne lésine pas sur les moyens, il fait venir des machines des Etats-Unis pour améliorer la production. En 1952, l’usine produit 150 millions de bouteilles par an, le site est agrandi pour atteindre une surface de 26 000 m2. L’usine est d’ailleurs surnommée ‘la cathédrale’. En 1954 Tout est presque produit sur place, les capsules, les étiquettes et même les caisses d’emballages. En 1973, se sont les bouteilles qui sont fabriquées sur le site avec la création de la verrerie du Languedoc et une carrière est achetée pour fournir le sable nécessaire à la fabrication du verre.

 

La société Perrier devient leader sur le marché français, elle commence à acheter d’autres marques comme Contrexéville et obtient une licence pour vendre Pepsi-Cola sur le territoire national.

 

En à peine 25 ans, Perrier est un géant Français mais aussi Européen, et décide de s’attaquer à l’Amérique en 1976.

22 ans plus tard, les ventes de Perrier aux Etats-Unis représentent 300 millions de bouteilles par an.

 

En 1990 que Gustave Leven quitte la présidence de Perrier S.A., la petite bouteille verte est devenue un leader mondial dans le domaine des eaux minérales. En 1992, la marque Nestlé va prendre le contrôle du groupe Perrier pour former le groupe Nestlé Waters SA.

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Une partie de la réussite de Perrier est due à sa communication. Allez savoir, c’est peut être la petite bulle qui à donné l’inspiration aux créateurs. Mais depuis Sir Harmsworth, Perrier s’est toujours distingué dans ses messages publicitaires en utilisant l’humour, voir la dérision.

Sir St John Harmsworth avait fait de Perrier une eau de fête et d’élégance qui lui valu le nom de « Champagne des Eaux de Table ».

Plus tard Perrier utilise les talents d’illustrateurs connus comme Domergue, Dubout, Moreau où des écrivains comme Valéry, Giono, Colette. Sa communication est axée sur la soif, le sport et l’élégance mais toujours avec humour.

Avec Jean Davray, Perrier va pétiller de bonheur avec une communication folle, voir insensée, en s’adaptant à chaque décennie.

De grands noms vont s’associer à Perrier comme Jean Paul Goude, Ridley Scott, Jean Jacques Annaud. Ce sont aussi des slogans qui marquent les esprits comme : « Perrier c’est Fou ! » ou « L’eau, l’air, la vie ! »

Allez faire un tour sur le site : Culturepub.fr

 

C’est vrai que PERRIER est et reste le Champagne des Eaux de Table. C’est fou non ?!

 

Si vous êtes fan, rendez vous sur le lien ci-dessus, vous trouverez des infos, des fonds d'écrans, des économiseurs. Merci Perrier.

 

http://www.perrier.com/FR/index2.asp


Elfe

Publié dans Produits alimentaires

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BOUAFIA 22/02/2011 09:55


je possede un puits eau gazeuse naturelle a une profondeur de 171 metres ce puits a ete fore dans une croute calcaire de calcite est ce que cette eau peut etre minerale ou non et merci


BOUAFIA 18/02/2011 21:23


est ce que je peux vous raconter sur une decouverte et merci


Elfe 21/02/2011 20:40



Salut,


Oui bien sûr sans aucun soucis.


Elfe



CARAMEL 17/01/2010 14:34


toujours complet et pleins d'infos. En plus pas tres loin de chez moi cette source. Merci de nous cultiver.


Elfe 17/01/2010 16:49


Merci Caramel, cela fait plaisir de recevoir des compliments.